Reconnaissances internationales

Au niveau international

Même si les résultats couronnés de succès décrits par Lovaas (1987) et McEachin, Smith et Lovaas (1993) ont mis du temps à être reconnus par les professionnels, les parents les ont vite adoptés comme LA norme d’un traitement de qualité. Les deux livres de Catherine Maurice Let Me Hear Your Voice (1993) et Behavioral Intervention for Young Children with Autism (1996) contribuèrent à donner à l’ABA une réelle popularité auprès des parents. L’auteure y raconte notamment la prise en charge de ses deux enfants autistes et donne de nouveaux espoirs aux parents, ce qui les incite à agir au nom de leurs enfants et à revendiquer l’ABA comme prise en charge. En 1999, Mary Lynch Barbera, maman d’un enfant avec autisme, fut tellement impressionnée par les ouvrages de Maurice qu’après lecture des études de Lovaas elle décida que l’ABA était la meilleure méthode pour aider son fils Lucas. Elle se forma à l’ABA (BCBA) et devint une figure de proue de l’ABA en écrivant notamment le très populaire livre « Les techniques d’apprentissage du comportement verbal »[1] figurant parmi les quelques livres traduit en français traitant de l’ABA.

En 1999, le département de la santé de l’Etat de New York[2] compara les méthodologies de traitement pour les enfants atteints de TSA et conclut que la validité des résultats démontrés par Lovaas prouvait l’efficacité du traitement comportemental intensif. De plus, en 1999, un rapport de The American Surgeon General[3] déclara qu’une prise en charge comportementale comme celle mise en place dans le YAP représentait un traitement de choix.

Aujourd’hui, le programme ABA pour les enfants atteints de TSA est préconisé au niveau international :

  • De nombreuses universités étudient et forment des professionnels à l’ABA aux Etats-Unis (dans chaque grande ville universitaire), au Canada, au Mexique, Argentine, Brésil, Colombie, Australie, Allemagne, Italie, Norvège, Suède, France…
  • Des écoles publiques et privées ABA sont très répandues aux Etats-Unis, au Canada, au Royaume-Uni. On en trouve dans de nombreux pays européens (Espagne, Suisse, Allemagne, Pays-Bas, pays scandinaves…) et dans le monde entier (Brésil, Mexique, Argentine, Australie, Chine…)
  • De nombreux parents connaissent l’ABA et sont en demande de telle prise en charge pour leurs enfants.

L’ABA est reconnue pour son efficacité dans le traitement de l’autisme depuis les travaux d’Ivar Lovaas. L’ABA continue actuellement à évoluer, développant de nouveaux modèles d’interventions et une recherche très active.

Il est maintenant reconnu que l’ABA permet :

  • de diminuer les comportements-défis en déterminant et en agissant sur les conséquences maintenant ces comportements[4];
  • d’acquérir un mode de communication adapté[5];
  • d’aider à la socialisation[6];
  • l’acquisition de compétences d’apprentissages[7];
  • l’acquisition d’une plus grande autonomie[8].

 

En Belgique et en France

Le 8 mars 2012, la Haute Autorité de Santé (HAS) et l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) publient des recommandations de bonne pratique sur les interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l’enfant et l’adolescent avec autisme.

« Les familles et les enfants pourront par exemple adopter, avec l’ensemble des professionnels concernés, des interventions fondées sur l’analyse appliquée du comportement dites ABA, des interventions développementales telles que mises en œuvre dans les programmes TEACCH ou des prises en charge intégratives, type thérapie d’échange et de développement. »[9]

Deux approches, la méthode ABA et le programme développemental de Denver, bénéficient d’un grade B qui désigne une « présomption scientifique »[10] d’efficacité, tandis que le programme TEACCH obtient le grade C, désignant « un faible niveau de preuve ». En revanche, les « approches psychanalytiques » et la « psychothérapie institutionnelle » sont considérées comme des « interventions globales non consensuelles » : il ne s’avère pas possible de conclure à la pertinence de ces interventions en raison « d’absences de données sur leur efficacité et de la divergence des avis exprimés[11] ».

Malgré cette recommandation, l’ABA peine à arriver en Belgique et en France. Il y a plusieurs explications possibles selon Simon Dejardin (Psychologue ABA, titulaire d’un Master 2 Professionnel en Analyse Appliquée du Comportement de Lille 3 et diplômé BCBA en 2014). Selon lui, les freins « …sont historiques et philosophiques. En France, on a la culture du libre-arbitre et l’ABA fait peur dans le sens où on perd un peu de ce libre-arbitre. Il reste également encore beaucoup de professionnels orientés sur la psychanalyse et peu de place dans les universités pour l’analyse du comportement. Il n’y a d’ailleurs qu’une seule formation initiale en analyse du comportement, à l’université de Lille. Depuis 2012 et la reconnaissance de l’ABA comme une « bonne pratique » par la Haute Autorité de Santé, les choses avancent. On a de plus en plus de demandes mais malheureusement on n’est pas assez nombreux. Le problème fondamental reste la formation. Seule l’université de Lille a un laboratoire pour ceux qui veulent faire de l’analyse du comportement, c’est beaucoup trop peu et ça favorise les dérives. Aujourd’hui, en raison d’un vide juridique, n’importe qui peut dire qu’il utilise les principes de l’ABA mais il n’y a que deux formations certifiantes pour devenir un professionnel de l’ABA : le master de Lille et une formation de l’AF-LPA. »[12]

Il en va de même pour la Belgique qui ne propose aucune formation certifiante et à ma connaissance il n’y a que deux établissements qui utilisent l’ABA sous supervision officielle. Il s’agit du centre « Les Jacinthes », où j’ai effectué mon stage et du centre « Le chat botté ». Plusieurs associations de parents dont le GAMP, APEPA… prônent et demandent une prise en charge ABA pour les enfants et adultes TSA. Ces associations de parents organisent elles-mêmes des formations à l’ABA pour les parents et les professionnels désirant se former pour pallier au manque de prise en charges adaptées.

[1] (BARBERA, 2012)

[2] (New York State Department of Health, 1999)

[3] (Department of Health and Human Services, 1999)

[4] (IWATA, DORSEY, SUIFER, BAUMAN & RICHMAN, 1994)

[5] (KOEGEL, O’DELL & KOEGEL, 1987)

[6] (KEENAN, C. & NIKOPOULOS, M., 2004)

[7] (DEQUINZIO, TOWNSEND, STURMEY & POULSON, 2007)

[8] (KROEGER & SORENSEN, 2010)

[9] Autisme : la HAS et l’Anesm recommandent un projet personnalisé d’interventions pour chaque enfant. http://has-sante.fr

[10] (HAS & ANESM, 2012,p.25)

[11] Ibid., p.27

[12] DEJARDIN, S. L’ABA est reconnue comme une « bonne pratique » par la Haute Autorité de Santé depuis 2012.   http://lamontagne.fr

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